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Pour une proposition commerciale écrite, privilégiez le format portrait : il suit le sens naturel de lecture et convient aux contenus rédigés. Réservez le paysage au support de soutenance, ou à une offre courte et visuelle conçue pour l'écran. Évitez surtout le slideument, ce document hybride qui sert à la fois d'offre écrite et de support de présentation et dessert les deux usages. Dans tous les cas, les consignes du règlement de consultation priment.
Introduction
Une proposition commerciale se lit différemment d'un roman ou d'une présentation. Elle doit capter l'attention du lecteur parmi les offres concurrentes, puis le guider sans effort jusqu'à la décision. Le format de la page y contribue directement. Alors, portrait ou paysage ?
Le slideument : le piège du document hybride
Le « slideument », terme popularisé par Garr Reynolds, fusionne « slide » et « document ». Il désigne un support conçu pour servir deux usages à la fois :
- l'offre commerciale écrite, envoyée au client ;
- la présentation orale, projetée lors de la soutenance.
L'intention est compréhensible : gagner du temps avec un seul support. Le résultat déçoit sur les deux plans :
- comme support de soutenance, il contient trop de texte et détourne l'attention du jury vers l'écran ;
- comme offre écrite, il manque d'explications, car une diapositive repose sur le commentaire de l'orateur.
Une offre écrite et un support de soutenance répondent à des besoins différents : chacun mérite son propre format. C'est d'ailleurs l'un des principes pour concevoir le support de votre soutenance d'appel d'offres.
Pourquoi le format portrait convient à l'offre écrite
Une proposition commerciale écrite se lit sans le commercial à côté pour l'expliquer. Elle doit donc se suffire à elle-même, avec une information structurée selon la logique de lecture. Le format portrait y répond le mieux, pour trois raisons :
- il suit le sens naturel de lecture : pour des paragraphes rédigés, la page A4 en hauteur offre des lignes de longueur confortable ;
- il respecte le volume réel de l'information : le contenu occupe la page sans qu'il faille l'étirer pour remplir des espaces vides ;
- il préserve la logique du raisonnement : l'argumentaire se déroule de haut en bas, dans l'ordre où le lecteur le découvre.
Une offre au format portrait peut tout à fait être richement illustrée. Découvrez les règles pour bien illustrer votre proposition commerciale.
Et la lecture à l'écran ?
Aujourd'hui, la plupart des offres sont remises sous forme dématérialisée et lues en PDF sur un ordinateur, dont l'écran est plus large que haut. Le paysage y trouve donc un vrai argument.
Le format paysage peut convenir à une offre écrite, à condition d'être conçu pour la lecture, et non transposé d'un support de présentation :
- organisez le texte en colonnes, pour éviter des lignes trop longues qui fatiguent l'œil ;
- visez des lignes d'environ 60 à 75 caractères, un repère courant en typographie ;
- choisissez une taille de police lisible à l'écran sans zoom ;
- prévoyez des marges suffisantes et une hiérarchie claire des titres.
La vraie question porte moins sur l'orientation de la page que sur l'usage du document : une offre écrite doit se lire seule, quel que soit son format. La lisibilité dépend aussi du style : appliquez nos conventions rédactionnelles pour des offres plus percutantes.
Portrait ou paysage : comment choisir ?
- Format portrait : offre écrite détaillée, mémoire technique, réponse destinée à être imprimée ou annotée.
- Format paysage : support de soutenance, offre courte et très visuelle conçue pour l'écran, avec une mise en page pensée pour la lecture.
- Dans tous les cas : respectez d'abord les consignes du règlement de consultation. En marchés publics, le format, la taille de police ou le nombre de pages sont souvent imposés.
Enfin, certaines organisations remettent désormais leurs propositions sous forme de page web, lisible sur tout type d'écran : la question de l'orientation ne se pose alors plus.
En résumé
Le format portrait reste la valeur sûre pour une offre écrite. Le paysage se justifie quand il est pensé pour la lecture à l'écran. Le seul choix à écarter systématiquement est le slideument : un document par usage, et chaque document dans le format qui le sert le mieux.